Bio

zad nait à Paris, grandit dans une famille où l’art, la littérature sont omniprésents. Ce sera le terreau et la source d’une recherche qui rencontrera de multiples objets et prendra différentes voies. Azad acquiert, au gré de ses lectures, de ses découvertes cinématographiques, picturales, sculpturales, musicales, une culture artistique éclectique, sans lignes directrices imposées ; cela composera un creuset, sans cesse renouvelé, qui nourrit sa recherche et, dépourvu de grille de lecture extérieure, préserve la liberté de ses ressentis. Les peintres européens, l’art primitif africain, les bandes dessinées autant que les illustrations de contes développent une sensibilité qui trouve progressivement ses adhérences et le conduit, naturellement, vers le dessin.

Le travail d’Alberto Giacometti, ses silhouettes, allongées, presque cadavériques, poussées d’un élan de vie qui n’oublie jamais la finitude organique, la répétition de son trait, le marquent. Les corps désarticulés, vulnérables, agressifs, exposés, d’Egon Schiele sont une source vive. Plus tard, les travaux de Robbert Raushenberg et Jean-Michel Basquiat, leur spontanéité, lui rappelleront de construire et de dessiner comme un enfant.

Observateur puis acteur du mouvement graffiti à Paris, il y trouve de nouvelles sources d’inspiration, mais s’en détache, rapidement, alors que lui apparaissent les codes propres à ce courant. Le graphisme le conduira ensuite vers l’outil informatique et les potentialités multi-media qu’il permet. Il travaille les matières, les textures, marie images et textes, colle, assemble, mêle les techniques, recherche de nouveaux matériaux et supports, réunit ces objets, en créé de nouveaux, y laisse les traces du mouvement qui l’anime, y imprime ses propres traces. Son trait est toujours présent : sous-ligne, estompée, dissimulée, évanouie, sur-ligne, cassée, brisée, révélante. Il explore aussi, au gré de sa recherche, les possibilités, d’abord enthousiasmantes puis à nouveau trop étriquées, du Street Art. Surtout, il devient père, touche à l’essence.

Parti vivre à Londres, cette expérience le marquera et son travail s’en fera naturellement l’écho. De nouvelles lectures, d’autres découvertes artistiques, d’époques et de sources alors inexplorées, le conduisent à formuler, à tâtons, une réflexion jusqu’alors inconsciente sur l’expression artistique. Azad offre son regard, nécessairement intime, sincère d’évidence, et donc parfois cruel, ou tendre. Il est un prolongement physique, viscéral ; il s’impose métaphysique, authentiquement humain. C’est une recherche fondamentale. Une plongée nue, à travers notre condition. Azad développe une esthétique fondée sur l’acquisition, progressive et tâtonnante, de techniques personnelles, propre à rendre compte de goûts qui s’affirment ; émergent des lignes, parfois épaisses, chaotiques, cassées où raisonnent les questionnements et les douleurs longues, parfois minimalistes, graciles, vaporeuses comme le premier temps d’une joie de l’instant. De son mouvement, naissent des images, reflets qui ne cherchent ni à éblouir, ni à séduire. Il se défie des évidences, des messages, des prouesses techniques ; les traces de son travail sont présentes, la crudité des progressions n’est pas dissimulée et le résultat n’est jamais celui d’une quête de perfection, sauf celle, peut-être, de vouloir partager l’intuition qu’il a souhaité faire résonner. Simplement, il dessine, peint, écrit, filme, photographie, transforme, coupe, colle, assemble, selon son instinct. Il cherche, crée et nous propose le résultat, lorsqu’il estime qu’une beauté en émerge.











A. & A. VS.